La photographie est souvent vu comme une discipline solitaire. Et sur le sujet, les avis divergent même parmi les photographes eux-mêmes. Entre besoin, envie ou fatalité, pouvons-nous affirmer que la photographie est une passion qui se vit en solitaire, loin du groupe ?
Cette question me semble quelque peu biaisée par des idées reçues qui touchent directement toutes les disciplines artistiques. Dans l’imaginaire collectif, l’artiste est un être qui « extirpe de sa douloureuse solitude l’essence de son art… » C’est de cette vision dramatico-philosophique très « cliché » [et je ne parle pas de photo ;-)], que se propage cette idée selon laquelle le créatif pour s’exprimer doit travailler seul. Et le photographe n’y échappe donc pas.
Mais cette image du photographe solitaire émane aussi certainement de l’apprentissage particulier du photographe. A moins qu’il ne soit un professionnel passé par une école de photographie, le plus souvent il apprend en autodidacte, seul dans son coin… ou en s’appuyant sur des formations diffusées par le web…

Apprendre la photographie en solitaire, en autodidacte
L’apprentissage
La plupart des photographes se lancent dans la photo seuls. Ils développent cette envie de transcrire le monde en clichés au fil du temps, par une approche plutôt solitaire et en autodidacte… A moins bien sûr qu’ils ne soient initiés par des amis.
Et le simple fait d’entrer dans la photographie de cette manière solitaire influe sur l’image que nous pouvons avoir du photographe : quelqu’un qui vit sa passion seul. C’est une tromperie à mon avis, une erreur d’appréciation.
Mais du coup, je crois que cela résulte surtout d’une déformation, de l’idée que nous nous faisons de cette discipline artistique qu’est la photographie.
Ce n’est pas parce que l’apprentissage se fait plutôt seul que la pratique doit obligatoirement suivre le même cheminement. Certes, il le peut… Mais ce n’est pas une fatalité !
La formation
L’apprentissage en autodidacte ne signifie pas être seul à tâtonner, jour après jour, semaine après semaine… Le photographe qui apprend seul s’appuie le plus souvent sur des formations (web ou en présentielles avec des photographes plus expérimentés que lui). Il peut faire partie d’un club photo afin d’échanger avec d’autres, suivre des sorties photos très formatrices…
Les canaux de formation sont nombreux et variés. Apprendre seul la photographie ne revient pas à se couper de tous conseils, de toutes influences. Par exemple, le simple fait de s’intéresser à ce que font les autres photographes permet de s’inspirer et de progresser.
A ce propos, connaissez-vous l’Appli Web « Viens Photographier Ma Ville » destinée aux photographes ? C’est une application que j’ai créé il y a peu de temps et sa communauté ne demande qu’à grandir. Elle permet de mettre en contact, de façon simplissime, des passionnés de photographie partout en France pour une sortie photo impromptue. Elle prône le partage, l’échange et la bienveillance, quel que soit votre niveau en photo.
Photographie en solitaire pour développer sa vision
Le photographe est un artiste [oui, n’ayons pas peur des mots, il le devient dès lors qu’il apporte de la réflexion à son travail]. Il transcrit sa vision du monde avec les outils qui sont les siens : son appareil photo, son œil de photographe, sa sensibilité toute personnelle.
Les lecteurs de cet article ont également consultés : « Trouver son style et définir sa vision en photographie ».
En fait, travailler à définir sa vision n’est pas forcément un acte solitaire, il est plutôt personnel. Voyez-vous la différence qui existe entre les deux ? Je pense qu’il ne faut pas confondre ces deux notions au risque de passer à côté de quelque chose d’important.
Votre vision de photographe vous étant strictement personnelle, vous ne perdrez pas votre « âme » à photographier accompagné. De même, les autres de vont rien vous « voler », justement parce qu’elle n’appartient qu’à vous.
Processus créatif et solitude… ou pas
Au-delà de la vision, qui sans conteste est de l’ordre de l’intime et du personnel, le processus créatif représente l’ensemble des habitudes de création qui régissent le travail d’un artiste, ici en l’occurrence un photographe.
Le cheminement
Le processus créatif suit un certain cheminement, une certaines succession de pratiques (technique, culture, création, inspiration…).
Travailler son processus créatif peut demander des moments de solitude pour la plupart des photographes, cependant ce n’est pas obligatoirement la règle…
Ce travail, s’il prend sa source dans une réflexion personnelle et souvent solitaire, peut tout à fait s’épanouir et grandir aux côtés d’autres photographes.
L’expérimentation
La photographie est une discipline où l’expérimentation tient une place importante.
Celle-ci se caractérise par de nombreux réglages techniques. L’exposition, maitrise basique et indispensable en photographie, en est le meilleur exemple.
Mais l’expérimentation touche aussi des aspects plus créatifs comme la composition de l’image qui implique de nombreux choix assumés par le photographe :
- les éléments dans le cadres
- les éléments exclus du cadre
- l’angle de prise de vue
- le sujet
- les lignes dynamiques
- les contrastes
- etc…
Expérimenter et tester de nouvelles choses peut émaner au contact d’autres photographes. Cela ne revient pas à faire ce qu’ils font mais à savoir qu’il est aussi possible de faire ainsi. De nouvelles perspectives se présentent alors en suivant vos propres voies…
Partage et échange
Je sais que de nombreux photographes ne sont pas très enclin au partage. Ils ont l’impression qu’ils vont être spoliés de quelque chose.
Le partage tout comme l’échange font référence à une approche donnant-donnant. On ne vous demande pas de vider vos trippes sur la table, de tout donner sans retenu. Dans l’échange, chacun doit pouvoir donner un peu de lui et recevoir un peu de l’autre. Souvent sous forme de simples conseils avisés au détour d’une conversation entre passionnés de photographie.
C’est justement ce que propose et encourage l’application Web dont je vous ai parlé plus haut dans cet article : « Viens Photographier Ma Ville ». Le plus qualifié ne donne pas une leçon de photographie à l’autre. Mais chacun confronte son expérience, sa vision, ses techniques pour ressortir enrichi d’une rencontre entre passionnés.
Certains photographes, pour je ne sais quelles raisons (peur que l’on vole leurs secrets, adeptes du chacun pour soi ou simplement non partisans de la bienveillance), ne seront jamais dans le partage. Ce sont des solitaires invétérés, souvent un peu élitistes d’ailleurs. Une attitude qui, pour ma part, ne me plait pas beaucoup.
Vous vous en êtes peut-être déjà aperçu, mais ce sont souvent les meilleurs photographes qui partagent et ne se montrent pas avares de conseils éclairés, sans pour autant vous dire « tout ce qu’ils savent » (et d’ailleurs ce n’est pas ce qui est attendu).

L’inspiration
S’inspirer d’autres photographes, qu’ils soient célèbres ou pas, est un moyen de progresser. Pour ce faire, je vous incite à enrichir votre culture photographique (faites le QUIZZ que j’ai réalisé pour vous), à visiter les expos photo, à vous réaliser au fil du temps une belle bibliothèque (mais les médiathèques regorgent également d’ouvrages fabuleux), à côtoyer d’autres photographes…
Comme vous le savez déjà, l’inspiration ne peut être en aucun cas de l’imitation. Cette dernière donne un travail peu abouti et absurde : pas vraiment comme l’original et pas non plus en accord avec une vision singulière… Cela ressemble à du réchauffé sans saveur !
L’inspiration est une valeur ajoutée à votre propre travail dans la mesure où elle va vous portez là où vous ne seriez pas allé. Elle vous incite à quitter votre zone de confort pour expérimenter de nouvelles choses.
Ce n’est pas une obligation de photographier seul
Pour ceux qui pensent que la photographie est une passion solitaire, je dis qu’un choix est possible. Il appartient à chacun de faire le sien.
En fonction des envies de chacun, de ses besoins pour s’épanouir dans sa pratique de la photographie, photographier seul ne doit pas être une fatalité. C’est vous qui décidez.
Et l’envie peut être différente d’un moment à un autre. Nous ne sommes pas obliger de dire : « je suis un photographe solitaire » ou « je suis un photographe qui apprécie la photo en groupe ». Vous êtes libre d’être tour à tour l’un ou l’autre… Puis l’un et l’autre à la fois en vous écartant du groupe quelques minutes pour vous retrouver seul…
Ce n’est pas une obligation de photographier en groupe
Il n’y a pas de problème si vous trouvez que le groupe « gêne » ou perturbe votre manière de photographier. Et c’est même tout à fait vrai parfois.
Je pense notamment à la photo de rue où les opportunités de rencontres et de contacts avec les gens sont amoindries par une configuration en groupe.
Dans certaines situations, le photographe solitaire aura davantage de chance de faire de belles rencontres humaines. Il devient plus disponible aux interactions. Les solitudes s’attirent.
Le groupe n’offre pas de place pour intégrer naturellement quelqu’un qui lui est étranger malgré toute la bienveillance qui peut se dégager de celui-ci. Le groupe ne sera jamais aussi avenant qu’une personne seule.
La meilleure façon de photographier
La meilleure façon de photographier (en solitaire ou en groupe) c’est… celle qui vous convient le mieux. Avec d’autres photographes ou seul, ne forcez pas les choses dans un sens ou dans l’autre. Vous êtes la personne qui sait ce qui s’accorde le mieux avec son intention photographique, sa façon de procéder et d’appréhender la photographie.
Cependant, en photographe ouvert d’esprit que vous êtes, ne négligez aucune de ces possibilités car chacune recèle certaines qualités indéniables.
Petit aparté : photographier avec d’autres photographes se révèle très différent de photographier avec sa famille ou des amis (qui constituent cependant un groupe). Ne comparez pas ce qui n’est pas comparable.
Les photographes comprennent pourquoi vous pouvez passer 10 minutes à attendre que tel ou tel élément entre dans le cadre, que la lumière soit optimale… Ils ne vous presseront jamais d’avancer. Ils ne vous reprocheront jamais la lenteur avec laquelle vous déambulez dans un lieux…
Attention à la cohérence…
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Ceci dit, réflexion intéressante & belle initiative.
Bonne chance !